Samedi 8 octobre 2011

Centre Culturel de Rencontre Abbaye de Neumünster - Salle José Ensch

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Europe : Sortie de l'Histoire ?

Pendant des siècles l'Europe a marqué l'Histoire du Monde, pour ne pas dire qu'elle l'a faite. Successivement ou simultanément, les pays d'Europe ont dominé le monde. Par leur puissance, ils ont eu la capacité de faire, de produire ou de détruire ( cf. Raymond Aron). L'Histoire, qui décrit l'action des hommes, est surtout celle des guerres, des dominations, des traités. Un des buts principaux de la construction européenne a été de faire cesser les guerres en Europe. C'est une réussite à ce jour. Après la chute du mur de Berlin et la fin de l'URSS, l'Europe ne semble plus avoir d'ennemis. Elle, qui ne connaît plus les guerres, en quelque sorte s'embourgeoise, se replie sur elle même, jouit de ses richesses. Les grandes nations voient se créer des sous ensembles régionaux plus basés sur le « moins disant » culturel et sur le repli frileux qu'orientés vers un objectif créatif sublimant les ressources économiques, culturelles et humaines locales. L'Europe ne fait plus rêver ses peuples et n'est plus qu'un grand marché sauvage où certains consomment à outrance et d'autres tirent la langue. Et pourtant, pour des centaines de millions d'individus dans le monde, elle demeure un espace enviable (voir Relux 2010). De plus, son modèle, sa culture continuent de s'étendre dans le monde entier. Toutefois, les échanges se traduisent souvent par une fuite des cervaux ou des idées, et une déperdition intellectuelle et économique.
Mais l'Europe a-t-elle jamais réellement dominé l'Histoire ? N'a-t-elle pas seulement dominé le monde et imposé son modèle grâce à sa force technologique ? Sa puissance économique et technique lui ont donné le pouvoir, ce qui lui a permis de s'attribuer les inventions des autres : la démocratie, le famille, le papier, la poudre, etc. Ce narcicisme européen a-t-il caché l'Histoire des autres nations ? L'Amérique est née en 1492 parce qu'un Européen l'a découverte, mais pour les Améridiens elle a toujours existé !
Sa sortie de l'Histoire est-elle inéluctable, liée au déclin systématique de toute civilisation ? La population du Sud qui était deux fois celle du Nord en 1950, le sera six fois en 2050. Le centre de gravité démographique, économique et politique du Monde se déplace. L'Amérique ne regarde plus dans notre direction. Tel un Univers en expansion puis en contraction, l'Europe n'est-elle pas entrée dans une période où les autres civilisations interviennent de plus en plus dans le processus historique ? L'Histoire n'est-elle pas un phénomène pendulaire ?
La plupart des pays d'Europe ne souhaitent plus être des puissances. Seules les anciennes nations coloniales, France et Grande-Bretagne, y croient peut-être encore. Faut-il arrêter ce mouvement, si toutefois ce pouvoir nous appartient encore ? Est-ce si important pour l'Europe d'être dans l'Histoire ? Ne dit-on pas que les gens heureux n'ont pas d'histoire(s) ?
Cette attitude n'est-elle pas le reflet d'un manque d'ambition, d'un relâchement, d'un épuisement ? L'Europe ne doit-elle pas rebondir, prendre à bras le corps la crise démographique et la question de l'immigration, l'élaboration d'un modèle où la compétivité ne serait pas le seul critère de performance et le taux de croissance le seul indicateur de réussite et pourrait, sans complexe, projeter hors des frontières, sa puissance et sa détermination ?


Welche Zukunftsperspektiven hat Europa?

Jahrhundertelang hat Europa die Weltgeschichte beeinflusst, wenn nicht sogar geschrieben: Europäische Länder haben abwechselnd oder gleichzeitig die Welt beherrscht. Aufgrund ihrer Macht hatten sie die Möglichkeit, zu handeln, zu produzieren oder zu zerstören (s. Raymond Aron). Die Weltgeschichte beschreibt die menschlichen Taten und vor allem Kriege, Kräfteverhältnisse und Abkommen. Der Frieden in Europa, eines der Hauptziele der europäischen Einigung, ist heute erreicht. Europa scheint nach dem Fall der Berliner Mauer und dem Ende der UdSSR keine Feinde mehr zu haben. Europa, das keine Kriege mehr kennt, kapselt sich vom Rest der Welt ab, erfreut sich an seinem Reichtum. Innerhalb der großen Nationen erstarken die Regionen auf Basis einer gemeinsamen Kultur. Sie ziehen sich zurück, statt auf ein Ziel hinzuarbeiten, das die lokalen wirtschaftlichen, kulturellen und menschlichen Ressourcen sublimiert. Europa bringt seine Bürger nicht mehr zum Schwärmen. Es scheint einfach ein großer Markt ohne Regeln zu sein, wo einige maßlos konsumieren während andere sich immer mehr einschränken müssen. Und trotzdem ist Europa für hunderte Millionen Menschen auf der Welt ein beneidenswerter Ort (s. Luxemburger Europagespräche 2010). Das europäische Modell und seine Kultur werden weiterhin in die ganze Welt exportiert. Ein derartiger Austausch bedeutet jedoch auch eine Abwanderung von Fachkräften. Ein ökonomischer und intellektueller Verlust ist die Folge.
Aber hat Europa je tatsächlich die Weltgeschichte dominiert? Hatte Europa seine Vormachtstellung nicht allein seiner technologischen Übermacht zu verdanken? Seine wirtschaftliche und technologische Macht hat es Europa ermöglicht, die Erfindungen anderer sich selbst zu zuschreiben: die Demokratie, die Familie, das Papier, das Schießpulver usw. Hat dieser europäische Narzissmus die Geschichte anderer Nationen verborgen? Amerika wurde 1492 „geboren“, weil es damals von einem Europäer entdeckt wurde. Für die indianischen Ureinwohner existierte es bereits lange zuvor.
Ist Europas „Austritt aus der Geschichte“ unausweichlich, wie der systematische Untergang jeder Zivilisation? Die Bevölkerung des Südens, die 1950 doppelt so groß war wie die im Norden, wird 2050 sechs Mal so groß sein. Der demographische, politische und wirtschaftliche Schwerpunkt verlagert sich. Amerika schaut nicht mehr nach Europa. Erst Expansion, dann Rückzug: Befindet sich Europa nicht mittlerweile in einer Phase, in dem andere Zivilisationen mehr und mehr die geschichtliche Entwicklung bestimmen? Ist Geschichte ein Pendelphänomen?
Die meisten europäischen Länder wünschen selbst, nicht länger Großmächte zu sein. Lediglich die alten Kolonialmächte wie Großbritannien und Frankreich glauben vielleicht noch daran. Soll dieser Anspruch aufgegeben werden, auch wenn er noch erfüllt werden könnte? Wie wichtig ist es für Europa, Teil der Geschichte zu sein? Heißt es nicht, glückliche Menschen haben keine Geschichte(n)?
Reflektiert diese Haltung nicht die mangelnde Ambition, die Erschöpfung und das Aufgeben Europas? Sollte Europa nicht wieder in den Vordergrund treten und die Herausforderungen, die sich in Zusammenhang mit dem demographischen Wandel und der Immigration stellen, anpacken? Sollte Europa nicht versuchen, ein neues Modell zu entwickeln, das nicht allein die Wettbewerbsfähigkeit als Kriterium für Leistungsfähigkeit und die Wachstumszahlen nicht als einzigen Indikator für Erfolg ansieht? Könnte Europa nicht über seine Grenzen hinaus seine Macht und seine Entschlossenheit ohne Komplexe zeigen?


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