Gêne / Ethique

Samedi 19 octobre 2002

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A. L’état de la science

Quels progrès a-t-on réellement réalisés dans la compréhension du phénomène du vivant depuis la découverte de l’ADN? Le concept de programme génétique ne relève-t-il pas plus de l’idéologie que de la science? Plus généralement, les métaphores
habituellement utilisées pour le grand public à fins de vulgarisation ne sont-elles pas fondamentalement trompeuses?

Quelles techniques maîtrise-t-on aujourd’hui et que peut-on raisonnablement attendre pour les dix ou vingt prochaines années sur les questions suivantes :

  • Reproduction assistée
         <-> Clonage humain 
  • Thérapie génique
        <-> Culture de cellules souches <-> Clonage thérapeutique 
  • Diagnostic prénatal et prévision comportementale (santé, psychologie,...)
        <->identification d’« anomalies » génétiques<->

B. Les enjeux économiques

Pour attirer capitaux privés et publics, n’a-t-on pas tendance à faire miroiter des lendemains radieux en insistant surtout sur les applications les plus politiquement correctes des biosciences...:

  • thérapie génique pour maladies incurables aux conséquences particulièrement insupportables
  • avancées thérapeutiques décisives pour tout un ensemble de maladies plus «communes»
  • amélioration radicale des techniques agricoles dans les pays en voie de développement

...au détriment des plus inavouables:

  • promesses fallacieuses d’immortalité à destination des populations riches mais
  • vieillissantes des pays développés avec le clonage reproductif ou la régénération
  • permanente des organes
  • sélection de l’enfant idéal -tentatives d’appropriation du vivant <-> brevets
  • renforcement du pouvoir de marché des multinationales agro-alimentaires <-> OGM
  •   mise au point de nouvelles armes biologiques ?

La réflexion éthique ne risque-t-elle pas d’être débordée par la logique économique exacerbée par la compétition internationale?

C. Le débat éthique 

La dignité humaine n’est-elle pas plus que jamais menacée:

  • par un certain discours scientifique (couvrant un large spectre de disciplines gravitant autour des biosciences) qui vise à réduire l’être humain à un ensemble de mécanismes certes complexes mais entièrement dictés par des forces aveugles. L’homme ravalé à un « simple » conglomérat de gènes ?
  • par la marchandisation du vivant dans ce qu’il a de plus intime, qui ravale l’homme au rang d’un organisme vivant lui-même dégradé en «simple» matière première organique pouvant s’échanger sur des marchés mondialisés. -par la résurgence d’une idéologie inégalitaire couleur XIXème siècle fondée sur une vision déterministe de la biologie et de la société autorisant une dérive vers un eugénisme high-tech (élimination des plus faibles via sélection embryonnaire), bref, par un darwinisme revu et corrigé.
  • par le développement d’un apartheid génétique via diverses formes de discrimination fondées sur la connaissance du soi-disant patrimoine génétique (embauches, assurances....)

Comment s’organise le débat éthique face à cette menace de régression morale et sociale?
Quelles sont les principales questions soulevées?
Quelle est la position des principaux intervenants (religieux, philosophes, humanistes, juristes, scientifiques, industriels, financiers... et politiques)?
Quel est finalement le rôle du citoyen dans ce débat ?

D. La réponse démocratique au défi de la génétique    

Le citoyen a-t-il droit de cité dans le débat sur la bio-éthique face aux scientifiques et autres professionnels, aux lobbies économiques et aux organisations non gouvernementales prétendant les représenter? Quels sont ses moyens d’action directs et indirects? Les élus du peuple jouent-ils leur rôle? Idem pour les médias? La législation, nationale et internationale, peut-elle suffire à garantir l’absence de dérives menaçant la dignité humaine?

Dans quelle mesure les grands courants de pensée visant à défendre la dignité humaine peuvent-ils coordonner leurs efforts pour opposer une résistance active aux tentations totalitaires auxquelles nos sociétés pourraient succomber, ce d’autant plus facilement que les repères éthiques traditionnels concernant la place de l’homme dans l’univers sont devenus plus flous, et proposer une attitude humaine responsable permettant d’accompagner utilement les avancées de la science et des techniques?



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