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Europe : Unité et/ou Diversité

Réunir ce qui est épars

Il y a dix ans, les premières Rencontres Européennes (REL) s'étaient penchées sur l'avenir de la politique en Europe. Dix ans après le débat reste entier, mais s'est probablement développé d'une manière plus complexe. Le politique est dans l'impasse, parce que personne ne peut répondre à la question quelle est l'identité de l'Europe d'aujourd'hui, vers où va-t-elle ?

Les discussions techniques, par exemple sur la Constitution mais pas seulement, avaient masqué les questions essentielles.

C'est la raison pour laquelle notre thème de cette année sera « Europe : Unité et ou Diversité ?

L'Europe dans sa forme actuelle, avec 25 états membres, de nombreux candidats déclarés (ou non) dispose t elle des moyens de se développer de manière cohérente et efficace, ou bien les facteurs de division doivent ils inévitablement la conduire à une impasse.

Quatre thèmes ou pistes de réflexion seront abordée le 14 octobre 2006 :

  • Comment l'Europe est-elle perçue de l'extérieur : géant pacifique, puissance alternative, nain politique et bientôt économique ?
  • Quels sont les facteurs qui font l'identité de l'Europe : système politique et économique, valeurs, modèle social… ?
  • Le retour du religieux dans la vie et les débats de nos sociétés annonce-t-il la fin de l'ambition d'une société laïque ?
  • Les particularisme européens sont-ils des atouts ou des périls : régionalismes, séparatismes, diversités linguistiques….?

L'Europe vue de loin

Nous, européens, sommes très enclins à constater nos différences culturelles, linguistiques, comportementales et même gastronomiques ( !) : notre diversité.

Si l'on change de continent et que l'on regarde l'Europe avec les yeux d'américains, d'asiatiques ou d'africains, on a plus rapidement une vision d'une identité européenne : d'un système de valeurs commun à notre région du monde. Jeremy Rifkin a publié il y a peu « le rêve européen » sorte de panégyrique du modèle européen. Selon lui « Europe has become a giant laboratory for rethinking humanity's future».

Empêtrés dans nos soucis individuels et collectifs quotidiens nous perdons tout recul. Nous voyons ce qui ne va pas mais en oubliant le reste. En va-t-il différemment hors d'Europe ?

Souvent ceux qui en reviennent se déclarent surpris de l'image que donne le vieux continent dans les nouveaux mondes.

Mais sur le plan économique notre part dans la richesse et l'économie mondiale décroît. Sur le plan militaire sans le soutien américain nous ne pouvons intervenir même à nos frontières. Sur le plan politique, la crise irakienne a illustré notre impuissance.

Que nous reste-t-il d'attrayant ? Mais surtout nous restera-t-il quelque chose dans 20 ou 50 ans ? Est-ce une vision pessimiste ?

L'identité

L'histoire et l'avenir prévisible traduisent-ils une communauté de destin ?

Y a-t-il une identité européenne ou des identités nationales mais partageant des références communes ?

Quels sont ces facteurs communs ou constitutifs de l'identité européenne : valeurs morales, systèmes économiques et modèles sociaux convergents ou similaires, démocraties pluralistes et représentatives, exception culturelle…? L'Europe s'identifie-t-elle à un système commun de valeurs éthiques et/ou politiques ?

L'Europe est vieillissante et elle a grand besoin d'immigration. Cela contribuera-il à une sorte de dilution de l'identité européenne ?

Le (les) modèle(s) d'intégration est (sont)-il(s) en panne ? L'exclusion sociale, la marginalisation des minorités migrantes mettent-ils en péril cette (ces) identité (s) ?

L'égalité entre hommes et femmes, l'évolution des mœurs font-ils partie d'une identité qui se construit en liaison avec l'intégration économique ?

Le religieux

L'affaire du voile en France, l'assassinat de Theo Van Gogh aux Pays Bas, la querelle sur l'inscription de la référence chrétienne dans la Constitution : autant de signes de la vigueur des débats et mêmes tensions liés à la religion en Europe.

« Le 21° siècle sera religieux  ou ne sera pas…» , on attribue cette phrase à André Malraux.

Qu'en est-il vraiment ?

En Turquie, pays cité par le passé comme l'exemple d'un état laïque à majorité musulmane, le pouvoir mais aussi l'opinion semblent basculer vers un retour aux valeurs de l'Islam. La convention européenne et la Conférence intergouvernementale qui l'a suivi ont vu des états s'efforcer de faire reconnaître la nature chrétienne de l'Europe. Cet argument est repris par nombre d'opposants à la candidature turque. Et que dire des conflits dans l'ex Yougoslavie où le facteur religieux a exacerbé les violences. Le champ humanitaire et social est investi par des mouvements d'inspiration religieuse à de rares exceptions près. Les journées mondiales de la jeunesse animée par l'ancien ou le nouveau pape font le plein de jeunes…

Le modèle libre-exaministe belge ne fait guère plus recette en dehors des frontières que la laïcité politique à la française.

Est-ce une impression ou une réalité ? Nos sociétés modernes, sophistiquées et techniques sont elles en mal de sacré, de transcendant, d'espoir ?

La religion va-t-elle reprendre les rennes de nos références morales comme tente de le faire l'alliance entre le pouvoir et l'église en Pologne par exemple sur la question de l'homosexualité ? Ou bien au contraire vivons-nous une sorte de sécularisation, de perte d'importance du religieux en Europe alors que dans d'autres parties du monde, le phénomène est inverse ?

Les particularismes

L'Europe cultive ses particularismes : terroirs, régions, langues, us et coutumes... Les européens aiment cette diversité et veulent la protéger. La place prise progressivement par les populations immigrées crée également de nouveaux particularismes.

L'Europe des régions apparaît à certain comme la mission de l'Europe pour dépasser des états et leurs nationalismes trop souvent belliqueux. Le régionalisme n'est-il pas trop souvent un nationalisme en plus petit ?

La diversité européenne procède de nombreux facteurs et se traduit de façon diverse. Un exemple parmi d'autres : le rapport au commerce et à l'argent. Dans les sociétés à dominante catholique, l'argent et l'enrichissement n'ont pas bonnes presses,  dans les sociétés de culture protestante c'est presque le contraire. Les comportements sont en quelques sortes inversés dans un autre domaine. Les aventures extra conjugales et le sexe de manière générale sont l'objet d'un certain puritanisme dans les pays protestants. Dans ceux que le catholicisme a imprégné l'opinion a une bienveillance pour ces écarts aux bonnes moeurs.

L'Europe a-t-elle pour effet de réduire les particularismes ou de les exacerber ? La remise en cause des états nations contribue-t-elle à libérer des aspirations particulières ou encourage-t-elle à « copier » les acquis du voisin ?

Les cultures régionales ne sont pas une difficulté en soi s'il existe une culture en commun, qui permette de maintenir un bon niveau de communications. Or c'est l'inverse qui semble se produire, à partir de textes « gabarit » établis à un niveau central, on distille d'innombrables variantes particulières. Récemment des employés français d'une multi nationale anglophone, ont obtenu d'un tribunal que les textes officiels soient publiés en français. Est-ce la bonne approche ?

L'élargissement de l'Union européenne a-t-il accru les particularismes risque-t-il de trop les renforcer ? Les difficultés économiques et sociales, le blocage politique autour de la Constitution encourage les replis nationaux. Le vrai danger n'est-il pas plutôt là, les particularisme affirmés n'étant qu'une façon d'exprimer ou de justifier ces replis ?



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